Plateforme transnationale de dialogue "Sécurité de la chaîne alimentaire et lutte contre le gaspillage : passer de la contrainte à l’opportunité" - Lille, le 20/11/12

Plateforme transnationale de dialogue "Sécurité de la chaîne alimentaire et lutte contre le gaspillage : passer de la contrainte à l’opportunité" - Lille, le 20/11/12

Contexte de travail

Depuis 2 ans, les partenaires du projet GreenCook testent des outils, méthodes et stratégies innovantes en vue de réduire le gaspillage alimentaire.

A travers ces approches pilotes, ils ont également pu identifier de manière plus claire les paramètres générant des pertes de nourriture, sur lesquels ils n’ont aucune prise. La réglementation organisant la sécurité de la chaîne alimentaire en fait partie.

Comment contenir les risques et garantir les standards d’hygiène et de sécurité alimentaire attendus par le consommateur tout en impulsant des dynamiques pérennes permettant de maîtriser le gaspillage alimentaire ?

GreenCook a souhaité jeter les ponts utiles entre ces deux démarches en ouvrant un dialogue constructif sur leurs liens et paradoxes à l’occasion d’une journée thématique organisée dans le cadre du Mid-Term Event du projet. Cette journée a eu lieu à Lille, le 20 novembre 2013.

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Cette journée s’est articulée autour de 3 tables rondes, rassemblant des experts issus des 5 pays partenaires du projet.

Les conclusions et la mise en perspective des acquis de la journée ont été confiés à Paul Mennecier, Chef du service Alimentation - DG Alimentation - Ministère français de l’Alimentation, de l’Agro-alimentaire et de la Forêt.

Les présentations des intervenants sont disponibles ci-dessous.

Et les photos sont à découvrir ICI

Atelier n°1 : assouplir la responsabilité du fournisseur de produits déclassés pour favoriser le don alimentaire

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La politique de sécurité alimentaire des Etats européens s’inspire du « General Food Law » européen 178/2002, qui postule que chaque opérateur du secteur alimentaire est tenu de prendre la responsabilité de son produit. Dans la pratique, ceci signifie que chaque opérateur doit disposer d’un système d’autocontrôle.

La traçabilité est également une donnée importante dans le secteur alimentaire. Selon l’article 18 du « General Food Law », chaque opérateur doit ainsi, en tout temps, pouvoir tracer ses produits. Ceci signifie que chaque acteur du marché doit pouvoir identifier tant le fournisseur que le client de son produit et doit pouvoir démontrer le lien interne des lots de produits. Si chaque opérateur peut retrouver le cheminement de chaque produit tant en amont qu’en aval, les autorités de contrôle de la sécurité de la chaîne alimentaire ont alors la possibilité d’assembler les pièces du puzzle et ainsi de reconstruire l’historique complet d’un produit précis. Chaque opérateur individuel de la chaîne assume donc la responsabilité de la sécurité alimentaire ainsi que de la traçabilité. Le rôle des autorités de contrôle est de vérifier si tous les opérateurs effectuent correctement ces tâches. Au besoin, ces dernières peuvent également prendre les mesures adaptées ou sanctionner.

Ce contexte règlementaire contraignant s’applique également au don alimentaire, ce qui freine bon nombre de potentiels candidats donateurs, dont les supermarchés pour lesquels la casse (c-à-d les produits alimentaires déclassés retirés des rayons) représente grosso modo 1% du chiffre d’affaires, et par conséquent des millions d’équivalents-repas chaque année.

Depuis 2003, une loi italienne, dite "du bon Samaritain", organise la distribution de produits alimentaires invendus à des fins de solidarité, en accordant des avantages fiscaux aux entreprises qui font des dons alimentaires aux associations à but non lucratif, ainsi qu’en assouplissant les contraintes règlementaires imposées aux donateurs en matière de traçabilité des produits donnés.

L’enjeu sur le terrain : favoriser la mise en relation des administrations publiques et des associations locales avec les entreprises de la grande distribution, les commerces de bouche et les cantines publiques, qui doivent gérer les invendus alimentaires ou les gaspillages.

Quel retour d’expériences engranger de l’initiative italienne ? Quelles opportunités concrètes dégager via la généralisation potentielle de ce dispositif à l’échelle de l’Europe du Nord-Ouest, en termes de réduction du gaspillage alimentaire ? De quels freins majeurs devrait-il être tenu compte ? Quelles limites ne pas franchir dans l’assouplissement du système, afin de continuer à garantir la sécurité sanitaire des produits alimentaires donnés ? Comment rassurer les bénéficiaires des dons sur la qualité et l’innocuité des aliments fournis dans le cadre d’un régime assoupli ?

Intervenants : Serge Decaillon, Président du Secours Populaire du Pas de Calais (France), Thomas Pocher, Président de Greentag et partenaire GreenCook (France), Philippe Dosogne, Eco-conseiller à la Ville d’Herstal (Belgique), Dr. Silvia Gaiani, Chercheuse et enseignante à l’Université de Bologne & Last Minute Market (Italie)

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Atelier n°2 : mieux percevoir et interpréter la réglementation liée à la sécurité alimentaire pour éviter les pertes inutiles dans la restauration collective

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La restauration collective (en milieu scolaire, dans les cantines d’entreprises ou les restaurants) s’avère une source importante de gaspillage alimentaire (166 g/personne/repas en France).

Une partie de ce gaspillage pourrait pourtant être évité par une interprétation moins restrictive des prescrits de la réglementation en matière de sécurité alimentaire et à une optimisation des pratiques professionnelles en cuisine (ex : cuisine des excédents, utilisation de cellules de refroidissement rapide).

Des retours d’expériences, de plus en plus nombreux à l’échelle de l’Europe du Nord-Ouest, prouvent qu’audace, créativité et gestion efficiente ne coûtent pas plus cher, permettent d’offrir une restauration saine et de qualité, tout en limitant les pertes et sans pour autant générer pas de risques supplémentaires pour le consommateur. De telles approches sont également expérimentées en France, en Belgique, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Allemagne, directement par les partenaires de GreenCook.

Comment aider à généraliser ces pratiques de chef engagé, en redonnant ses lettres de noblesse à la profession ? Que retenir de la réglementation en matière de sécurité alimentaire, et comment l’interpréter dans une logique de réduction du gaspillage alimentaire ? Comment augmenter le niveau de connaissance relatif aux moyens de conserver adéquatement les produits alimentaires ? Comment surmonter les freins psychologiques liés à la mise en place de stratégies alternatives ?

Intervenants : Camille Kupisz, Directeur des Formations Initiales, CR Nord-Pas de Calais et partenaire GreenCook (France), Bruno Berthier, Président du CCC (France), Anne Didier-Petremant, association de Mon assiette à notre planète (France), Christophe Demangel, chef de cantine au Collège Jules Grévy de Poligny (France), Eric Van Veluwen, restaurateur privé et partenaire GreenCook (Pays-Bas).

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Atelier n°3 : optimiser l’étiquetage des produits alimentaires pour limiter le gaspillage

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C’est toujours un réflexe chez beaucoup de consommateurs : devant le réfrigérateur ou l’armoire à provisions, un coup d’œil à la date de péremption. Si cette dernière est dépassée, il y a de fortes chances que le produit finisse directement à la poubelle. Il existe pourtant une différence fondamentale entre la date limite de consommation (DLC) et la date limite d’utilisation optimale (DLUO), aussi appelée date de durabilité minimale (DDM). La première concerne les produits frais tels que charcuteries, viandes, laitages, œufs, poissons et crustacés, etc qui représentent un danger pour le consommateur s’ils sont avariés. La DLUO/DDM, quant à elle, concerne les produits peu périssables, tels que les produits d’épicerie, le café, les conserves, les boissons, les surgelés, les pâtisseries sèches et certains aliments diététiques. Passée la date indiquée, et s’ils ont été correctement conservés, les produits peuvent encore être consommés, mais leurs qualités nutritionnelles et organoleptiques ne sont plus garanties. Ils risquent d’avoir moins de goût, d’être plus secs, plus mous ou changer d’aspect, mais ne représentent pas de danger pour ceux qui les ingurgitent. Cette obligation de mentionner une date de durabilité minimale est reprise dans la Directive 2000/13/CE du Parlement européen et du Conseil du 20 mars 2000 relative au rapprochement des législations des États membres concernant l’étiquetage et la présentation des denrées alimentaires ainsi que la publicité faite à leur égard, et le nouveau Règlement (UE) n° 1169/2011 concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires, qui entrera en vigueur le 13 décembre 2014 prévoit les mêmes obligations. Pourtant, la confusion encore fréquente entre ces deux types de datation engendre une part non négligeable de gaspillage chez le consommateur. Le trouble créé peut également être renforcé par la présence d’autres mentions parasites sur l’emballage des produits alimentaires, telles que la date limite de vente ou de présentation dans le magasin, voire la date limite de consommation après ouverture (qui est laissée à l’appréciation du producteur).

Dans un tel contexte, optimiser et harmoniser l’étiquetage des produits alimentaires, en simplifier la lisibilité et la compréhension pour le consommateur pourrait aider à réduire le gaspillage alimentaire des ménages. Comment mettre en œuvre un tel chantier ?

Faut-il aménager la date limite d’utilisation optimale, et si oui, comment ? Devrait-on simplement la supprimer ? Pourrait-on se passer de ce point de repère, proposé au consommateur par le fabricant en ce qui concerne la qualité qu’il peut attendre du produit acheté ? Une information du consommateur, meilleure et davantage coordonnée, pourrait-elle pallier ce problème ? Une telle décision constituerait-elle une régression non acceptable de la sécurité alimentaire ? Des réflexions croisées sont actuellement en cours en Europe du Nord-Ouest, qui peuvent s’avérer source d’inspiration.

Intervenants  : Sebastian Ludwig, AVL et partenaire GreenCook (Allemagne), Ir. Corné Van Dooren, Voedingscentrum (Pays-Bas), Célia Potdevin, Consommation Logement Cadre de Vie (France), Angélique Van der Laan, Cryolog (France), Marie-Paule Dousset, journaliste et auteure (France)

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